Portrait de Ludwig Oechslin

Véritable génie sans pareil, Ludwig Oechslin passe une partie de son apprentissage au Vatican, à étudier une montre fabriquée en 1724 pour la Duchesse de Parme et de Plaisance.

Un chef d’œuvre doit toujours son existence à la combinaison de plusieurs circonstances favorables. Le succès d’Ulysse Nardin au cours des 30 dernières années est dû en grande partie à la rencontre fortuite entre deux hommes emplis d’une passion absolue pour l’horlogerie mécanique. Rolf Schnyder, homme d’affaires et visionnaire, a offert à Ludwig Oechslin, un brillant horloger, les conditions parfaites pour pratiquer son art. La collaboration entre ces deux grands amis a permis la création de magnifiques montres de légende.

Lorsque Ludwig Oechslin rencontre Rolf Schnyder, il s’apprête à terminer son apprentissage dans la restauration de montres et de garde-temps anciens auprès de Jörg Spöring à Lucerne.

Le garde-temps, connu sous le nom de Farnese Clock, possède un mécanisme spécial permettant d’afficher les phases et les positions du soleil et de la lune.

Pendant quatre ans, il démonte, restaure et réassemble cet objet, pièce après pièce. Ludwig Oechslin, qui est diplômé d’archéologie, d’histoire ancienne et de grec a dit : « J’ai appliqué ce que j’avais appris en archéologie.Examiner une montre comme celle-ci, c’est comme déterrer un trésor, une couche après l’autre. »

C’était le début d’une carrière remarquable. Sa thèse sur la Farnese Clock lui vaut un doctorat en philosophie et en histoire appliquée aux sciences à l’Université de Berne. À la même époque, il voyage en Europe à la recherche d’horloges astronomiques, fabriquées au 18e siècle par des moines, pour les démonter, les mesurer et en tirer des calculs et des interprétations. Personne n’a jusqu’alors entrepris un tel travail. 

Une horloge astronomique, inspirée par le travail de Ludwig Oechslin sur la Farnese Clock, reposait fièrement sur le mur de l’atelier de Jörg Spöring.

Avant de rencontrer Ludwig Oechslin, Rolf Schnyder est tombé amoureux de cet astrolabe, l’une des premières créations de Ludwig Oechslin.

La détermination de Rolf Schnyder à miniaturiser l’astrolabe pour l’incorporer à l’une des montres-bracelets les plus complexes au monde, est à l’origine du long partenariat entre les deux hommes. 

Ludwig Oechslin accepte de relever le défi, et en 1985, l’Astrolabium Galileo Galilei voit le jour. Avec sa multitude de complications rares, le monde s’intéresse à nouveau à Ulysse Nardin et à son incroyable horloger. En quelques années, le duo ajoute les modèles Planetarium Copernicus et Tellurium Johannes Kepler pour compléter la série Trilogie du Temps, impressionnant grandement les amateurs de montres et asseyant Ulysse Nardin comme l’un des plus grands noms de l’horlogerie suisse.

C’est le début d’une belle amitié.Pendant plus de 20 ans, Ludwig Oechslin a carte blanche, orchestrant la création de plusieurs montres qui sont aujourd’hui de véritables jalons de l’histoire de l’horlogerie. L’une d’entre elles, la GMT ± Perpetual, est dotée d’un calendrier perpétuel inhabituel avec un second fuseau horaire pouvant être ajusté dans les deux sens. La Sonata présente quant à elle une alarme pouvant être réglée dans les 24 heures, une première mondiale pour une montre mécanique. Et la Freak révolutionnaire dont le carrousel-tourbillon transforme la rotation de son mouvement en un mécanisme affichant l’heure, est une autre invention qui continue à évoluer chaque année. 

 

Avec chaque avancée, l’horloger et le savant, soutenu par Rolf Schnyder et la société, repousse les limites de son expertise en horlogerie. Ludwig Oechslin puise son inspiration de l’histoire. « Au cours de mes longues recherches, j’ai découvert des idées ingénieuses oubliées depuis longtemps, et des solutions techniques, telles que les engrenages épicycloïdaux. Cette richesse de savoir-faire, qui imprègne des dizaines de projets que j’ai laissé à Ulysse Nardin, fait partie de l’ADN de la marque. » Et c’est ce savoir en perpétuelle expansion, permettant de nouvelles créations dans les années à venir, qui forme l’héritage de Ludwig Oechslin.